24/07/2017

L'ostéoporose en quelques lignes

image ostéoporose

Chère Madame, cher Monsieur, 
 

L'ostéoporose est une maladie diffuse du squelette. Elle est caractérisée par une diminution de la résistance osseuse entraînant à terme un risque accru de fracture. Avec l'allongement de l'espérance de vie, l'ostéoporose et les fractures qui lui sont associées représentent un problème de santé publique important : autour de l'âge de 65 ans, on estime que 39% des femmes souffrent d'ostéoporose. Chez celles âgées de 80 ans et plus, cette proportion monte à 70%1
En quelques chiffres, à travers le monde2,3 :
  • Les fractures ostéoporotiques représentent plus de 8.9 millions de fractures par an soit 1 fracture toutes les 3 secondes.
  • 1/3 des femmes et 1/5 des hommes de plus de 50 ans subiront une fracture ostéoporotique.
  • Entre 1990 et 2015, on estime que la hausse de fractures de hanche est de +310% chez la femme et +240% chez l'homme avec un handicap et une perte d'autonomie.
  • Chez la femme, l'ostéoporose entraîne plus de jours d'hospitalisation que les maladies comme le cancer du sein, l'infarctus du myocarde, le diabète... Chez l'homme, le risque de fracture est jusqu'à 27% plus élevé que le cancer de la prostate.
  • Environ 80% des personnes ayant fait au moins une fracture ostéoporotique ne sont ni diagnostiquées, ni traitées pour l'ostéoporose.
Roche propose un panel de dosages biochimiques des marqueurs du remodelage osseux (Elecsys® B-CrossLaps sérique pour la résorption osseuse et Elecsys® P1NP pour la formation osseuse) permettant d'optimiser la prise en charge des patients ostéoporotiques.
 
Une de leurs applications est le suivi des traitements antirésorptifs de l'ostéoporose par les marqueurs biochimiques du remodelage osseux :
 
La surveillance et  l'évaluation de l'efficacité du traitement de l'ostéoporose sont un défi pour le clinicien dont le souci principal est d'identifier les patientes non répondeuses c'est à dire celles dont la DMO* n'augmentera pas significativement après 2 à 5 ans de traitement.5,8,11
 
Pour les patientes traitées par bisphosphonates oraux, Denosumab, Raloxifène ou traitement hormonal substitutif, un dosage du β-crosslaps sérique (produit de dégradation du collagène de type 1 ou CTX) à 6 mois permet une évaluation précoce d'un effet pharmacologique osseux du traitement et de détecter ainsi les patientes non répondeuses (en raison d'un problème d'absorption par exemple) ou non 
observantes.4,9
 
L'objectif recherché est un résultat de dosage du β-crosslaps sérique situé dans les normes des femmes non ménopausées.9 Si un prélèvement initial a été réalisé, une baisse significative du résultat de β-crosslaps  (30-50%)4  est généralement observée à 6 mois.
Si tel n'est pas le cas, il faut revoir avec la patiente les conditions de prise du traitement,effectuer un contrôle 3 mois plus tard  par un nouveau dosage de β-crosslaps sérique et, si les résultats de CTX ne sont toujours pas dans les normes des femmes non ménopausées, envisager un changement du traitement initial.9
Sur le plan pratique, les contraintes pré-analytiques sont très bien définies.  En raison de variations circadiennes fortement influencées par les repas12, il est recommandé d'effectuer les prélèvements sanguins pour le dosage du CTX le matin à jeun avant 9h. Il est également important de mesurer le CTX sérique à distance d'une fracture car la formation du cal osseux, concomitante d'un remodelage osseux important, élève transitoirement la concentration sérique de CTX.7,13
 
La prescription d'un dosage de produits de dégradation du collagène de type 1 est codifiée à la Nomenclature des Actes de Biologie Médicale (code 7310).
 
Réponse typique aux traitements antirésorptifs (ibandronate): variation des résultats du test β-CrossLaps sérique
 
 
Patiente répondant au traitement : On note une diminution rapide du taux de  β-CrossLaps. La résorption osseuse est maîtrisée.
Patiente ne répondant pas au traitement : Pas de variation significative des taux du marqueur.
Arrêt du traitement : Sous traitement, le taux de β-CrossLaps diminue dans un premier temps puis augmente à l'arrêt de la thérapie (patiente non observante). 
 
*DMO : densité minérale osseuse
 
Références bibliographiques
 
  1. www.inserm.fr http://www.inserm.fr/thematiques/physiopathologie-metabolisme-nutrition/dossiers-d-information/osteoporose, Pr F. Berenbaum et Dr M. Rousiere
  2. www.worldosteoporosisday.org http://worldosteoporosisday.org/2016-infographic
  3. www.iofbonehealth.org https://www.iofbonehealth.org/epidemiology
  4. Garnero P. L'exploration biochimique du remodelage osseux dans l'ostéoporose : quels marqueurs utiliser ? Revue Francophone des Laboratoires 2012 ;42 :43-51.
  5. Wheater G, Elshahaly M, Tuck SP, Data KK, Van Laar JM. The clinical utility of bone marker measurements in osteoporosis. J Transl Med 2013;11:201.
  6. Delmas PD, Eastell R, Garnero P, Seible MJ, Stepan J; Committee of Scientific Advisors of the International Osteoporosis Foundation. The use of biochemical markers of bone turnover in osteoporosis. Osteoporosis Int 2000;11(Suppl.6):S2-17.
  7. Vasikaran S, Eastell R, Bruyère O et al. Markers of bone turnover for the prediction of fracture risk and monitoring of osteoporosis treatment: a need for international reference standards. Osteoporos Int 2011;22:391-420.
  8. Garnero P, Souberbielle JC. Les dosages biologiques dans l'ostéoporose. Cahier de formation biologie médicale BIOFORMA 2007 ;39 :73-114.
  9. Briot K, Cortet B, Thomas T et al. 2012 update of French guidelines for the pharmacological treatment of postmenopausal osteoporosis. Joint Bone Spine 2012;79:3904-13
  10. Tanko LB, Mouritzen U, Lehmann H, Warming L et al.  Oral ibandronate: changes in markers of bone turnover during adequately doses continuous and weekly therapy and during different suboptimally dosed treatment regimes.2003; Bone 32:687-693.
  11. Roux C. Marqueurs biologiques de l'ostéoporose: indications pratiques. Revus Francophone des Laboratoires 2012 ;60 :324-33.
  12. Eastell R, Garnero P, Audebert C, Cahall DL. Reference intervals of bone turnover markers in healthy premenopausal women: results from a cross-sectional European study. Bone 2012; 50: 1141-1147.
  13. Garnero P, Bianchi F, Carlier MC, Genty V, Jacob N, Kamel S et al. Biochemical markers of bone remodelling: pre-analytical variations and guidelines for their use, SFBC (Société Française de Biologie Clinique) work group on biochemical markers of bone remodelling. Ann Biol Clin 2000; 58: 683-704.
 
Le test Elecsys® B-Cross-Laps est un test immunologique pour la détermination quantitative in vitro des produits de dégradation du collagène de type I dans le sérum et le plasma humains pour l'évaluation individuelle de la résorption osseuse. Le test est utilisé comme aide au suivi de la réponse à un traitement anti‑résorptif (traitement aux biphosphonates, traitement hormonal substitutif, par ex.) chez les femmes postménopausées et les personnes présentant une ostéopénie.
Ce test par électrochimiluminescence « ECLIA » s'utilise sur les systèmes d'immunoanalyse Elecsys et cobas e.
 
Le test Elecsys® P1NP est un test immunologique pour la détermination quantitative in vitro du P1NP total dans le sérum et le plasma humains. Ce test s'utilise dans le suivi thérapeutique de l'ostéoporose chez les femmes ménopausées et les patients chez lesquels la maladie osseuse de Paget a été diagnostiquée. Ce test par électrochimiluminescence « ECLIA » s'utilise sur les systèmes d'immunoanalyse Elecsys et cobas e.
Dispositifs médicaux de diagnostic in vitro.
Fabricant : Roche Diagnostics GmbH (Allemagne) - Distributeur : Roche Diagnostics France
Lire attentivement les instructions figurant dans les fiches techniques