07/10/13

Dépistage du cancer du sein : des risques sous-mentionnés

Le dépistage du cancer du sein est recommandé aux femmes entre 50 et 74 ans. La mammographie est-elle sans risque ?

Détecté tôt, le cancer du sein peut être guéri dans neuf cas sur dix. Sans risque ? 
La campagne "Octobre rose", organisée par le ministère de la santé, incite au dépistage du cancer du sein. Pour l'Institut national du cancer, le message est limpide : « détecté tôt, lecancer du sein peut être guéri dans neuf cas sur dix ».

Des risques de faux diagnostics

Pourtant, la mammographie systématique réalisée chez les femmes à partir de cinquante ans, soulève encore de nombreuses critiques et divise (voir article : Cancer du sein: nouvelle campagne pour le dépistage sur fond de polémique). Les risques ? De faux diagnostics entraînant des traitements inutiles ou encore la possibilité de "réveiller" des tumeurs inactives, du fait des radiations nécessaires à l'exploration.

Des effets indésirables sous-mentionnés dans les études

Interrogée fin 2012 par l'UFC-Que Choisir qui réclamait un examen des données scientifiques contradictoires, la ministre de la Santé Marisol Touraine avait demandé l'accélération des études sur le sujet, notamment en France. En effet, l'opacité est de mise. Dans une analyse qui vient d'êtrepubliée dans le British Medical Journal, des chercheurs danois ont recensé cinquante sept études internationales qui prouvent l'efficacité du dépistage des cancers (sein, côlon, prostate, poumon, ovaire, foie et gorge). Leur objectif était d'observer comment les effets indésirables y étaient mentionnés. Résultat, seuls quatre essais signalent les surdiagnostics et deux essais les faux positifs, risques les plus fréquents.
Puisque l'efficacité est démontrée sans tenir compte des effets indésirables, difficile d'évaluer correctement la balance bénéfice-risque du dépistage.

Par Stéphane Desmichelle (Sciences et Avenir)