17/12/14

Suivi de grossesse, Place de la biologie

L'étude de la fragmentation de l'ADN spermatique permet d'identifier des cassures de l'ADN simple et double brin, au niveau du matériel génétique du spermatozoïde, que l'analyse des paramètres conventionnels du sperme ne permet pas de mettre en évidence. Un spermogramme normal n'excluant pas un taux de fragmentation élevé. De nombreuses études indiquent que le taux de fragmentation à une incidence directe sur les taux de succès en Assistance Médicale à la Procréation (AMP). Le Docteur Stéphanie Belloc, directrice du laboratoire Eylau-Unilabs, nous explique l'utilité de cet examen.

Dans quel cas pratique-t'on ce test ?

Ce test préconisé avant la mise en route d'AMP  insémination intra-utérine (IIU), fécondation in vitro classique (FIV) ou avec micro injection (ISCI). Il est également indiqué en cas de fausses couches à répétition après FIV ou ISCI. En effet, après la fécondation, l'effet paternel va intervenir à partir du 3ème jour du développement embryonnaire et c'est à ce moment-là que les effets négatifs de l'ADN fragmenté peuvent se manifester, même si dans une certaine mesure, l'ovocyte fécondé par le spermatozoïde, s'il est de bonne qualité (en particulier chez la femme jeune), possède la capacitéde réparer l'ADN endommagé Enfin l'âge, le mode de vie (tabac, obésité, stress etc.), l'exposition à certains toxiques environnementaux, l'hyperthermie testiculaire, la varicocèle peuvent augmenter le taux de fragmentation et rendre pertinente la réalisation de ce test dans un bilan de fertilité.

Quel est son principe ?

Le principe est d'incorporer des nucléotides marqués par un fluorochrome au niveau de l'ADN fragmenté puis de mesurer l'intensité de la fluorescence. Nous utilisons la technique TUNEL avec le kit in situ cell death detection, fluorescein de Roche Diagnostics. La mesure de la fluorescence se fait en cytométrie de flux pour une plus grande précision (5000 spermatozoïdes analysés).

Quelle est l'origine de la fragmentation de l'ADN ?

Le mécanisme le plus important est le stress oxydant post-testiculaire : durant le transport des spermatozoïdes à travers l'épididyme, un excès de dérivés actifs de l'oxygène peut être à l'origine d'altérations de l'ADN.
D'autres mécanismes peuvent également intervenir : sélection inefficace des cellules germinales au cours de la spermatogénèse, cassures de l'ADN pendant le remodelage de celui-ci au cours de la spermiogénèse, exposition à des toxiques environnementaux.

Comment interpréter les résultats ?

Le taux de fragmentation de l'ADN, évalué par la technique TUNEL, est considéré comme anormal quand il est supérieur à 30%.
Diverses études inidiquent que des compléments alimentaires antioxydants peuvent réduire significativement le taux de fragmentation de l'ADN. Néanmoins, il est possible que le patient ne réponde pas au traitement, dans ce cas, l'AMP pourra être proposée comme alternative.